Le monde est rempli de symboles nationaux : drapeaux, hymnes, monuments. Mais il en existe d'autres, tout aussi importants, ceux qui naissent dans l'imagination des artistes et deviennent partie du code culturel. Pour la Belgique, ces symboles sont deux héros complètement différents mais tout aussi aimés : le reporter Tintin et les petits hommes bleus des Schtroumpfs. Un est un voyageur et un chercheur de vérité, l'autre est un habitant d'un village paisible dans la forêt. Qu'est-ce qui unit ces personnages ? Et pourquoi reflètent-ils si bien le caractère des Belges ? La réponse n'est pas visible à première vue, mais elle est évidente pour ceux qui sont familiers avec la culture de ce pays incroyable.
Tintin n'est pas simplement un héros de bande dessinée. C'est l'idéal belge tel que le voit son créateur, le dessinateur belge Hergé (Georges Remi). Pour la première fois, il est apparu en 1929 dans le journal «Le Petit Vingtième» et a immédiatement conquis les cœurs des lecteurs. Tintin est un reporter, mais il ne écrit jamais d'articles. Il voyage dans le monde entier, dévoile des complots, combat le mal et gagne toujours. Mais qu'y a-t-il de belge en lui ? Visuellement, rien. Il parle français, son nom est international, il est plutôt cosmopolite que patriote. Cependant, son caractère est un pur mentalité belge.
Tintin est calme, poliment, patient. Il ne perd jamais le contrôle, même lorsqu'il est enfermé en prison ou jeté à la mer. Il cherche le compromis plutôt que le conflit. Il n'est pas agressif, mais persévérant. C'est un parfait mélange de la retenue flamande et de la vivacité wallonne, qui est difficile à trouver mais qui est naturel pour la Belgique. De plus, Tintin est un solitaire qui trouve toujours des alliés. Il ne construit pas d'empire, il ne recherche pas le pouvoir. Il fait simplement son travail — et c'est là sa grandeur.
Tintin reflète également l'amour belge pour les voyages et les découvertes. La Belgique est un petit pays, mais ses habitants ont toujours regardé vers le monde. Les marchands flamands, les industriels wallons, les diplomates bruxellois — tous étaient ouverts à l'extérieur. Tintin est l'incarnation de ce curieux. Il va au Congo, en Chine, sur la Lune — et il reste lui-même partout : honnête, rationnel et fidèle à ses principes.
Les Schtroumpfs sont apparus plus tard, en 1958, et ont été créés par le dessinateur belge Peyo (Pierre Culliford). Ce sont de petites créatures bleues qui vivent dans une forêt, dans des cabanes de champignons. Chaque l'un a un nom définissant son caractère : Baboune, Gargamel, Schtroumpf, Gromit. Leur chef est le Père Schtroumpf, un sage vieil homme avec un chapeau rouge. Ils ont un ennemi : le méchant magicien Gargamel, qui essaie de les capturer. Mais à chaque fois, les Schtroumpfs gagnent pas par la force, mais par la ruse et l'unité.
À première vue, les Schtroumpfs ne sont que des personnages mignons pour les enfants. Mais en réalité, ils portent un profond sens culturel. Les Schtroumpfs sont une communauté parfaite. Ils vivent ensemble, s'aident les uns les autres, chacun a son rôle, mais personne n'est le chef. C'est une petite utopie qui rappelle la société belge, où, malgré les dissensions, les gens trouvent un langage commun. La couleur bleue est la couleur du ciel et de l'eau, mais aussi une couleur qui n'est pas associée à aucun parti politique ou groupe linguistique. Les Schtroumpfs sont neutres, ils sont au-delà des querelles.
Et encore un point important : les Schtroumpfs ont leur propre langue. Ils utilisent le mot «Schtroumpf» comme substitut universel pour tout mot. C'est un coup de génie qui reflète la réalité belge, où les trois langues officielles créent parfois des difficultés dans la communication. Les Schtroumpfs ont trouvé un moyen de parler d'une langue, malgré les différences. Et c'est aussi un mentalité belge : chercher un langage commun, même si c'est seulement le mot «Schtroumpf».
Que relie Tintin et les Schtroumpfs ? Tous deux sont des Belges d'esprit, même s'ils n'ont pas de passeport. Tous deux reflètent les principales caractéristiques du caractère national : la modération, le désir de paix, la tolérance à l'égard des différences, l'amour de l'ordre et en même temps, une légère ironie sur soi-même. Tintin est sérieux, mais dans ses aventures, il y a toujours de la place pour le rire. Les Schtroumpfs sont amusants, mais leur monde est bien organisé. Ce sont deux faces d'une même médaille : la sérieux qui ne devient pas ennuyeux et la légèreté qui ne devient pas superficielle.
En plus, les deux héros sont des symboles de l'imagination belge. La Belgique est un petit pays, mais elle a donné au monde un nombre immense de bandes dessinées. Tintin et les Schtroumpfs ne sont que la pointe de l'iceberg. D'autres personnages sont nés ici : Lucky Luke, Cocobill, Spiral et Fantasio. Mais c'est Tintin et les Schtroumpfs qui sont devenus les plus reconnaissables. Pourquoi ? Parce qu'ils ne parlent pas de politique, de langue, de frontières. Ils parlent de l'homme. Et c'est universel.
Tintin est un Belge dans le grand monde, les Schtroumpfs sont des Belges dans leur petit monde. Et les deux mondes sont organisés selon les mêmes lois : bon sens, bienveillance, patience et foi en la capacité de trouver une issue dans les situations les plus difficiles sans avoir recours à la violence.
Les bandes dessinées sont devenues pour la Belgique quelque chose comme une «soft power». Elles portent les valeurs nationales dans le monde sans propagande, sans pathos. Tintin et les Schtroumpfs ont été traduits dans des dizaines de langues, ils sont connus et aimés au Japon, aux États-Unis, en Russie. Ils sont devenus les ambassadeurs de la culture belge, et ils le font mieux que n'importe quel diplomate. Parce que leur langage est compris par tous : c'est le langage de l'humanité.
Quand nous regardons Tintin, nous voyons un homme qui croit en l'équité. Quand nous regardons les Schtroumpfs, nous voyons une société qui croit en la coopération. Ces deux images sont des réponses aux défis contemporains. Dans un monde qui devient de plus en plus polarisé, les Belges proposent un modèle basé sur le dialogue plutôt que sur l'opposition.
Et cela n'est pas une coïncidence. La Belgique est un pays où le conflit existe depuis sa naissance, mais elle a appris à vivre avec lui et même à en tirer parti. Tintin et les Schtroumpfs ne sont pas simplement du divertissement, c'est des manuels de survie dans un monde où des mondes différents doivent vivre ensemble.
Tintin et les Schtroumpfs ne sont pas seulement des personnages célèbres. Ils sont des symboles du mentalité belge qui le révèle mieux que n'importe quel sondage sociologique. Ils montrent que les Belges savent être sérieux, amusants, ouverts au monde et prudents envers leurs traditions. Ils nous rappellent que dans le plus petit pays peut naître un art qui deviendra le bien commun de l'humanité. Et que ce qui est le plus important dans la vie, c'est non pas la victoire, mais la recherche de la vérité. Ou simplement une bonne compagnie autour d'une table ronde, comme les Schtroumpfs.
Новые публикации: |
Популярные у читателей: |
Новинки из других стран: |
![]() |
Контакты редакции |
О проекте · Новости · Реклама |
Цифровая библиотека Армении © Все права защищены
2020-2026, LIB.AM - составная часть международной библиотечной сети Либмонстр (открыть карту) Сохраняя наследие Армении |
Россия
Беларусь
Украина
Казахстан
Молдова
Таджикистан
Эстония
Россия-2
Беларусь-2
США-Великобритания
Швеция
Сербия