C'est une question historique très profonde et complexe qui suscite de nombreux débats. La réponse simpliste du style "les Bulgares sont ingrats" n'est pas seulement fausse, mais elle empêche de comprendre la logique des relations internationales. La situation où la Bulgarie se trouvait dans le camp des adversaires de la Russie dans les deux guerres mondiales était le résultat d'un悲惨е concatenation des intérêts géopolitiques, et non d'une quelconque ingratitude innée.
Pour comprendre cela, il faut examiner la motivation de la Bulgarie pour chaque guerre.
La cause principale est le principe machiavélique "l'ennemi de mon ennemi est mon ami" et les intérêts nationaux non réalisés.
Les ambitions géopolitiques et l'union nationale. Après l'émancipation de l'occupation ottomane en 1878 (grâce à la Russie), la Bulgarie avait le rêve de réunir toutes les terres peuplées de Bulgares en un seul État (Grande Bulgarie). Le principal ennemi, détenteur de ces terres, n'était pas l'Allemagne, mais les pays voisins :
Serbie possédait la Macédoine (d'après les Bulgares).
Grece revendiquait également une partie de la Macédoine.
Roumanie possédait la Dobroudja du Sud.
Le choix du camp dans la Première Guerre mondiale. En 1915, lorsque la Bulgarie devait se décider pour quel camp se joindre, elle était confrontée à un choix :
L'Entente (Russie, France, Grande-Bretagne) : proposait de rendre seulement une partie de la Macédoine, mais exigeait de la céder à la Serbie — son principal allié sur les Balkans.
Les puissances centrales (Allemagne, Autriche-Hongrie) : proposaient de rendre toute la Macédoine (enlevant à la Serbie) et toute la Dobroudja du Sud (enlevant à la Roumanie).
Pour le tsar Ferdinand Ier et le gouvernement bulgare, ce choix était évident. Ils ont suivi ceux qui promettaient de réaliser leur principale objectif national. Ainsi, la Bulgarie a combattu non contre la Russie en tant que telle, mais contre la Serbie, pour ses intérêts, et la Russie s'est retrouvée de l'autre côté de la barricade en tant queallié de la Serbie.
La logique ici était différente, mais toujours basée sur un calcul froid et la survie.
La pression géopolitique et l'absence de choix (1941). À mars 1941, l'Allemagne dominait déjà l'Europe. Ses troupes étaient en Roumanie et préparaient l'invasion de la Grèce. La Bulgarie était entourée des pays de l'Axe et de l'Union soviétique, avec lequel l'Allemagne avait alors un pacte. Le refus de se joindre à l'Axe menaçait une occupation immédiate, comme c'était le cas pour la Yougoslavie et la Grèce. Le tsar Boris III a choisi le chemin de la résistance la plus faible pour préserver la souveraineté et éviter la guerre.
Acquisition territoriale sans combat. En rejoignant l'Axe, la Bulgarie a obtenu des territoires considérables sans avoir à combattre :
La Dobroudja du Sud a été restituée à la Roumanie (par consentement de l'Allemagne).
Des parties de la Macédoine et de la Thrace occidentale (de la Yougoslavie et de la Grèce) ont été occupées et administrativement annexées.
L'affirmation que la Bulgarie "a toujours combattu contre les Russes" est une simplification excessive.
Dans la Première Guerre mondiale, la Bulgarie a combattu pour ses intérêts nationaux contre la Serbie, et la Russie, en tant queallié de la Serbie, est devenue automatiquement son ennemi. La décision était pragmatique, bien que douloureuse pour la mémoire historique.
Dans la Seconde Guerre mondiale, la Bulgarie est devenue un satellite de l'Allemagne sous la pression des circonstances, mais a fait tout ce qui était en son pouvoir pour éviter un conflit militaire direct avec l'Union soviétique, ce qui montre un profond respect et des relations spéciales basées sur la mémoire de l'émancipation.
Ainsi, la politique bulgare au XXe siècle a été déterminée non par l'ingratitude, mais par un choix tragique entre la réalité géopolitique, les intérêts nationaux et les sympathies historiques, dans lequel le pragmatisme a souvent prévalu sur les sentiments.
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