Le concept du Nouvel an dans le folklore traditionnel slave diffère considérablement du festival moderne laïc. Dans l'image du monde préchrétien et tardochrétien, il n'était pas un seuil calendaires fixe, mais une partie d'un complexe festif d'hiver complexe, centré autour de l'équinoxe hivernal (Kolyada) et des Saintes. Ce période était perçue comme un "temps hors temps" sacré, lorsque les frontières entre les mondes se faisaient minces, ce qui trouvait une réflexion directe dans les récits de contes et les thèmes rituels.
Le personnage mythologique central lié au cycle hivernal était Kolyada – symbole de la résurrection du soleil. Son nom est étymologiquement lié au lat. "calendae" (premier jour du mois) ou au slave "colo" (cercle, soleil). Les Kolyadants, qui allaient de maison en maison avec des chansons de bienvenue, étaient perçus dans le conscient folklorique non pas simplement comme des guignols, mais comme des messagers d'un autre monde, dont les mots avaient une puissance magique, productive.
Dans les contes, c'est plutôt une manifestation anthropomorphique de l'énergie hivernale qui apparaît, Moroz (Morozko, Studenets). En contraste avec le Père Noël tardif, c'est un personnage ambivalent. Il peut être à la fois donateur et châtiateur. Le conte "Morozko" illustre cette dualité de manière éclatante : la fille adoptive, rencontrée avec obéissance et respect, est généreusement récompensée, tandis que la fille naturelle méchante et grossière est gelée à mort. Ici, Moroz agit en tant que force naturelle et en tant que juge du bon ordre moral, ce qui reflète les représentations archaïques de la justice, rendue par la nature elle-même.
Les Saintes (de Noël à la Epiphanie) sont le principal temps de conte. On croyait que pendant cette période, "les cieux et l'enfer s'ouvrent" et que tous les miracles étaient possibles. C'est pendant les Saintes que se déroulent les principaux événements des contes magiques classiques, même si cela n'est pas explicitement indiqué. C'est le temps :
Des devins et des prédictions (comme dans les nombreuses bylines folkloriques).
De la fraternité avec les forces maléfiques, qui deviennent particulièrement actives. De nombreux récits de compétitions entre l'homme et le diable ou de paris conclus à cette période.
De la transition de l'héros dans un autre monde (le treizième royaume) ou de la rencontre avec des assistants du monde au-delà.
Un fait intéressant : le motif des danses nocturnes ou des jeux avec les forces maléfiques trouve ses origines dans la tradition des Saintes. L'héros (souvent un soldat) se retrouve la nuit dans la forêt ou dans une moulinerie abandonnée, où les démons ou une autre créature jouent aux cartes ou dansent. Grâce à son habileté et à ses amulettes (croix, prière), il les bat et reçoit une récompense. Ce scénario reflète le véritable rituel "de jeu avec les démons" pendant les Saintes, où les guignols dans des masques correspondants imitaient ce type d'interaction, qui était une forme de soumission rituelle aux forces chaotiques.
De nombreux motifs de contes naissent directement des rituels de Nouvel an et des Saintes :
"Sur le commandement du poisson". Le motif de l'exécution des vœux et de l'assistant magique (le poisson) est corrélé aux devins de chance et de prospérité des Saintes. Le poisson dans la tradition slave est un poisson sacré, souvent lié au monde sous-marin (et autre).
Le rituel "d'emmener la chèvre". Le rite de déguisement en chèvre, symbole de la fécondité, a des parallèles directs dans les contes où l'animal assistant (chèvre, vache) aide miraculeusement une orpheline à traverser l'hiver ("Petite Havochechka").
"La Nevegorochka". Cet image, littéralement traitée par A.N. O斯特ровский, trouve ses racines dans les rituels de fabrication et de fonte des figures anthropomorphes en neige, qui pouvaient symboliser l'arrivée de l'hiver ou la victime apportée aux esprits de la fécondité.
La nourriture pendant la période des Saintes était rituelle. Les plats rituels (kutia, vzvar, karavay) deviennent magiques dans les contes, apportant de la force ou remplissant les vœux. Le motif de la récompense ou de l'épreuve cachée dans la nourriture (pomme, gâteau) est également caractéristique de cette période. Les dons dans les contes (or, pierres précieuses, objets magiques), que l'héros reçoit de Morozko ou d'un autre esprit de l'hiver, reflètent les croyances archaïques selon lesquelles un comportement correct pendant la période sacrée garantit le bonheur pour toute l'année.
Un aspect plus important – les rituels d'expulsion du temps ancien et des forces maléfiques. Le brûlage ou l'asphyxie du poupée de Maslenitsa (fête liée au calendrier agraire) a des analogues dans les récits de contes sur le brûlage de la peau de la mauvaise sorcière (Baba Yaga) ou la victoire sur Koschei, dont la mort est cachée dans un œuf – un symbole universel du cycle de vie nouveau.
Les contes slaves et le folklore ont préservé en forme transformée l'ancienne modèle mythopéique du Nouvel an comme un temps dangereux mais déterminant pour le contact avec les forces au-delà. Le période de Nouvel an dans eux n'est pas une simple décoration, mais un élément structurel clé qui assure la possibilité de l'miracle. À travers les images de Morozko, des esprits de Kolyada, de la non-croissance des Saintes et des épreuves rituelles, le conte code les règles de l'interaction de l'homme avec le temps cyclique et les forces chaotiques de la nature. Le Père Noël moderne et le festin festif ne sont que des reflets laïcs de ces profondes archétypiques thèmes, dans lesquels les questions de la vie et de la mort, de la justice et de la future récolte étaient résolues pendant la nuit la plus longue et la plus sombre de l'année. De cette manière, le conte agit comme un code ethnoculturel, conservant la mémoire que le Nouvel an pour nos ancêtres était d'abord et avant tout un acte rituel puissant d'actualisation du monde.
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